Carl Gustav Jung et l’exploration de la Conscience

Anne Siret non catégorisé Leave a Comment

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Carl Gustav Jung, psychiatre Suisse, est né à Kesswil le 26/07/1875 et est décédé à Küsnacht le 06/06/1961. Il s’est très tôt démarqué de son entourage et de la tradition familiale pour entreprendre une exploration systématique et méthodique de la conscience.

Ses découvertes et ses travaux sur le fonctionnement de la psyché ont été cruciaux pour la connaissance du fonctionnement de l’être humain et de l’univers ; et ont largement franchi le cadre de la psychiatrie et de la psychologie pour apporter un regard nouveau, voire un bouleversement dans d’autres domaines de recherche : en biologie, en physique quantique, en sciences naturelles, en analyse de récits, en mythologie, en écriture scénaristique…

Carl Gustav Jung a permis à de nombreux chercheurs de faire des découvertes majeures dans leur domaine de compétence respectif. Nous commençons juste à nous apercevoir de l’inestimable valeur et de l’incroyable portée de sa pensée dont la contribution aux avancées scientifiques les plus récentes ne fait que commencer.

Comme nous pouvons le comprendre dans les mots mêmes de Carl Gustav Jung, certaines personnalités scientifiques l’ont influencé dans ses propres recherches : «Einstein a fait sur moi une forte impression. Ce qui m’en imposait, c’était la simplicité géniale de son intellect qui allait droit au but et qui devait exercer une influence durable, sur mon propre travail de pensée. C’est Einstein qui, le premier, fit naître en moi l’idée d’une possible relativité du temps et de l’espace, qui seraient déterminés par le psychisme. C’est à partir de cette même première impulsion que se sont développées, plus de trente ans plus tard, ma relation avec le physicien W.Pauli, ainsi que mes thèses concernant la synchronicité psychique.»

Les œuvres de Carl Gustav Jung peuvent être considérées comme autant de stations de sa vie ; elles sont l’expression de son développement intérieur, car, selon lui, se consacrer aux contenus de l’inconscient forme l’homme et détermine son évolution et sa métamorphose. On peut ainsi dire que la vie de Jung est son action, et que son labeur consacré à l’esprit est sa vie. On ne saurait, en effet, séparer l’un de l’autre. Tous ses écrits ont pour ainsi dire été des tâches qui lui furent imposées de l’intérieur. Ils naquirent sous la pression d’un destin.

La vie de Jung a été imprégnée, tissée, unifiée par une œuvre, et axée sur un but, celui de pénétrer le secret de la personnalité. Toute sa vie s’explique à partir de ce point central, et tous ses ouvrages se rapportent à ce thème.

La première phrase que Carl Gustav Jung écrit dans sa biographie intitulée Ma vie, souvenirs, rêves et pensées est : «Mon histoire est celle d’un inconscient qui a accompli sa réalisation.» Cette phrase résume à elle seule toute la vie et l’œuvre de Jung.

Tous les problèmes qui le préoccupèrent humainement ou scientifiquement furent anticipés ou accompagnés par des rêves qui donnèrent à sa vie, sa direction, son sens et toute sa dimension.

Le premier rêve d’enfant dont il se souvient lui fait dire dans Ma vie, souvenirs, rêves et pensées : «Qu’est-ce qui parlait alors en moi ? Qui est-ce qui soulevait les suprêmes problèmes ? Qui donc assemblait le haut et le bas, fournissant ainsi la base de tout ce qui allait remplir la deuxième moitié de ma vie d’orages passionnés ? Qui troublait l’enfance la plus tranquille, la plus innocente, de cette lourde prescience de la vie humaine la plus mûre ? Qui donc, sinon l’hôte étranger venu d’en haut et d’en bas ? Ce rêve d’enfant m’initia aux mystères de la terre. Il y eut alors, en quelque sorte, une mise en terre et des années s’écoulèrent avant que j’en revienne. Aujourd’hui, je sais que cela se produisit pour apporter la plus grande lumière possible dans l’obscurité. Ce fut une sorte d’initiation au royaume des ténèbres. C’est à cette époque que ma vie spirituelle a inconsciemment commencé… Mes souvenirs les plus anciens sont comme les pousses isolées d’un même rhizome souterrain continu, comme les stations d’une progression évolutive inconsciente.»

Enfant, Jung expérimente ce qu’il appelle sa personnalité numéro un et sa personnalité numéro deux ; ce que nous pourrions nommer aujourd’hui la conscience ordinaire et la conscience éternelle et atemporelle. Il sent qu’il vit à deux époques différentes et que deux personnages existent en lui. Il prend soudain conscience qu’il est et que les choses ne lui arrivent pas, mais que, au contraire, c’est lui-même qui veut qu’elles lui arrivent. Nous pouvons dire que Cal Gustav Jung a évolué dans différentes réalités tout au long de sa vie.

1944, Carl Gustav Jung fait un infarctus cardiaque et, en d’état d’inconscience, a des délires et des visions : très haut dans l’espace cosmique, il aperçoit la terre baignée d’une merveilleuse lumière et voit la mer d’un bleu profond et les différents continents… Après un instant il discerne, à une faible distance, un énorme bloc de pierre, sombre comme une météorite, plus gros que sa maison, planer dans l’espace. Il se rend compte qu’il peut pénétrer dans ce rocher par deux petites marches et accéder à un temple qui se trouve à l’intérieur… Il se tourne vers une autre direction et voit une image qui s’élève de l’Europe : celle de son médecin ceint d’une couronne de laurier. Celui-ci vient lui annoncer qu’il ne peut quitter la terre. Jung a, à l’instant même, la profonde conviction que la vie de son médecin est menacée et qu’il mourra à sa place. C’est effectivement ce qui va arriver. Jung est son dernier patient et lorsqu’il se lèvera, son médecin se couchera pour ne plus jamais se relever.

À la fin de sa vie, Jung comprend que l’Homme peut accéder à un monde spirituel infini et fascinant, qu’il a nommé le Soi, un monde d’où proviennent des messages issus non seulement d’un inconscient personnel, mais aussi d’un inconscient collectif, images d’archétypes ancestraux, ceux que les Aborigènes nomment «Les Grands Ancêtres du Temps du Rêve». Cette conception de l’univers considère que la vie est la résultante du rêve de «grands ancêtres» aujourd’hui assoupis, «âge d’or» auquel il est possible d’accéder par l’intermédiaire des songes, de l’art et des contes. La vision des aborigènes rejoint curieusement les théories de Jung.

 

Cet article a été écrit par Natasha R. Kimberly, première spécialiste francophone des rêves, des voyages chamaniques et des états de conscience modifiés, en collaboration avec Jean-Christophe Chaumette, auteur de romans et de nouvelles appartenant à la littérature de l’imaginaire.

 

 

 

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